Interview de Juan Cook 2

Juan Cook : « Le Che et Castro ont bercé ma jeunesse »

 

T.Demaubus : Vous êtes né à Santiago du Chili, quelle fût votre enfance ?

 

Juan Cook : J’ai eu une enfance très heureuse entre mon père anglais, et ma mère chilienne. Nous vivions dans l’ambassade britannique même, loin de la vérité des chiliens.

 

T.D : Etiez-vous déjà attiré par la peinture à cette époque ?

 

J.C : Oui, l’envie de peindre m’a pris très tôt. Sans fut-elle attisée par l’environnement et la culture panaméricaine dans laquelle je baignais.

 

T.D : Dans quelles circonstances avez-vous été emprisonné ? Peigniez-vous déjà à l’époque ?

 

J.C : En 1971, lors du coup d’état, j’étais à l’école des Beaux-Arts, nous avions choisi de faire la révolution car nous ne supportions plus les inégalités et voulions changer les choses par une révolution armée. L’environnement était des plus favorables : le Che était en Bolivie, Fidel Castro régnait à Cuba. Ces figures là ont bercé ma jeunesse et ont inspiré notre conduite et notre façon de penser.

 

T.D : Comment avez-vous vécu votre premier séjour en France comme réfugié politique ?

 

J.C : En 1976, grâce au gouvernement français, j’ai pu apprendre la langue française tout en étant payé. Nous avions un salaire, un loyer, des vêtements…Mais je cherchais à retourner au Chili. Je réalisais en ce temps là les affiches pour le parti franco-chilien mais je ne peignais plus de tableau.

 

T.D : Quand avez-vous adopté votre facture expressionniste ? Pourquoi ce grossissement démesuré des mains de vos personnages ?

 

J.C : C’est ma culture pan-américaine qui veut cela. J’ai été influencé par les fresques mexicaines ainsi que par les gens de la rue qui peignait sur les murs au Chili. Pour les indiens, les noirs symbolisent la vie mais aussi la destruction, la révolution en marche. Les couleurs sont très criardes comme dans les œuvres d’Amérique latine. D’où l’importance du jaune vif très présent dans mes toiles.

 

T.D : Votre peinture possède une indiscutable qualité sculpturale. Avez-vous déjà songé à la sculpture ?

 

J.C : J’ai déjà réalisé de petites sculptures. Cela reste un de mes rêves. Travailler la pierre m’intéresse. Quand on sait dessiner, on sait sculpter. Je suis très croyant et j’aime peindre des figures religieuses. Si je pouvais ne peindre que des « Christ », je crois que cela ne me lasserait pas car ce serait en même temps une manière d’affirmer ma foi et de communiquer avec lui. Car je suis profondément croyant comme beaucoup de gens là-bas !

 

T.D : Pensez-vous réaliser une fresque ? Quels sont vos projets ?

 

J.C : Avec les étudiants des Beaux-Arts, j’avais réalisé une fresque grandiose.

 J’aime exécuter les grandes toiles propices au rêve et à l’inspiration.

Aujourd’hui, je me consacre à la peinture ainsi qu’à ma famille. Je n’ai pas pu profiter de ma jeunesse, ma peinture me permet donc de retrouver un souffle ainsi qu’une nouvelle jeunesse.

 

T.D : Quel est votre peintre préféré ?

 

J.C : Gérard Garouste qui m’a reçu et m’a apporté beaucoup de conseils. Sa gentillesse m’a beaucoup impressionné. Je le considère parmi les grands peintres de notre époque.

 

T.D : Pensez-vous un jour retourner au Chili ?

 

J.C : Au risque de vous surprendre, quelque chose m’empêche de retourner au Chili. Peut-être est-ce à cause de cela que je peux mettre toute ma force et toute mon énergie dans ma peinture. 

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