> Multiples > GRAVURE > PERSONNAGES AU PIED DE L ARBRE
BONNARD Pierre personnes sous un arbre

PERSONNAGES AU PIED DE L ARBRE

23.00 x 30.00 cm

58143

Monogrammée en bas au milieu dans la planche.

Plus de détails

301,89 €

Oeuvres certifiées
& authentifiées

Paiement sécurisé

Carte bancaire et virement

Livraison garantie
& assurée

En savoir plus

Pierre Bonnard (1867-1946): un parcours

En 1941, Maillol m'envoya chez ses grands amis, Matisse et Bonnard, pour partager avec eux, à travers son modèle, la vision qui l'animait. Après avoir posé chez Matisse à Nice au Cimiez, je suis venue au Canet voir Bonnard qui commença avec moi une toile : "le Nu sombre". Bonnard était silencieux, il ne disait rien. Aucun échange entre l'artiste et son modèle, outre le désir du peintre de faire bouger continuellement le modèle qui, au lieu de tenir une pose figée, devait marcher dans l'atelier. Au bout d'une semaine de silence, je me suis demandée ce que je faisais là. Surtout après avoir posé pour Matisse qui lui était volubile et qui me racontait sa vie par le menu.

Je ne me souviens plus comment j'ai engagé la conversation sur son silence chronique, probablement en l'agressant. Soudain, il se mit à parler et ce qu'il dit était si beau, si poétique, si naïf que j'ai commencé avec lui des entretiens qui ont duré le temps de mon séjour au Canet et qui nous ont rendus amis pour la vie. Il m'a parlé de sa peinture. Il avait des tableaux qu'il avait peints pendant huit ans. En vérité, il revenait toujours sur la toile, n'ayant pas épuisé le besoin de l'enrichir. Il était comme son ami Maillol qui disait : "Je sculpte l'impalpable". Tous les deux cherchaient l'absolu.

Après la mort de Marthe, il m'avait écrit me priant de venir travailler avec lui. Mais Maillol avait besoin de moi. J'ai dû renoncer au voyage au Canet. Après la guerre, nous nous sommes vus chaque fois qu'il venait à Paris. Nous déjeunions ensemble, nous flânions dans les rues de Paris, nous allions au théâtre ; j'ai vu avec lui "Andromaque".

Puis nous sommes allés au Salon d'Automne où étaient exposées ses oeuvres et l'Harmonie de Maillol. Nous avons admiré l'Harmonie, oeuvre préférée de Bonnard, enfin nous nous sommes dirigés vers ses peintures, très bien représentées sur les cimaises du Salon d'Automne.

Tout à coup, je vois Bonnard sortir de sa poche des couleurs et un pinceau et se mettre à retoucher les tableaux qui ne lui appartenaient plus. "Bonnard que faites-vous, nous allons nous faire embarquer ?". "Faites le guet", dit-il.

Pour moi, Pierre Bonnard est le plus grand peintre du XX siècle. Cela ne se sait pas assez. Chaque fois que je regarde ses tableaux, j'y trouve une richesse picturale inépuisable. Quand on approche de son oeuvre, quand on commence à la comprendre, on reçoit les coups de pinceau en plein coeur."

Dina Vierny

« J’espère que ma peinture tiendra, sans craquelures. Je voudrais arriver devant les jeunes gens de l'an 2000 avec des ailes de papillon ». Cette citation de Pierre Bonnard semble justifier le parcours pictural de l'artiste qui, dès ses débuts, s’était senti attiré par le groupe des nabis (qui signifie prophète en hébreu) soucieux de spiritualiser l'art en le simplifiant, pour lui donner une portée universelle. Cherchant a retrouver "la saveur de la sensation primitive", très sensible "au crépon japonais" dont il a retenu les stylisations en arabesques et l'utilisation en aplat des couleurs pures, Bonnard, surnommé le "nabis très japonnard”, a consacré toute sa vie à pousser l'impressionnisme jusqu'à ses conséquences ultimes, trouvant dans la couleur le secret de son éternelle jeunesse. Il était donc logique que ce peintre parmi les plus subtils des peintres français du XX° siècle, s'inquiétât de la portée de son oeuvre et surtout de sa réception auprès des jeunes, à l'aube du XXIe siècle.

"Les révolutions les plus profondes se font sur des pattes de colombes", a écrit le philosophe Nietzsche. Bonnard, bien qu'à l'écart des courants - que ce soit le cubisme ou le surréalisme – sut conduire sa propre révolution, sans abolir la tradition, mais en l'enrichissant de son regard d'homme innocent et ébloui.

Ce regard est à l'origine de la synthèse éblouissante entre le fondu de la lumière, les nuances infinies des tons chauds et des tons froids, la trame d'une architecture complexe basée sur la perspective à plusieurs niveaux. L'artiste a su abolir toute hiérarchie, ouvrant les possibilités inouïes, en rythmant ses bandes abstraites de couleurs et en organisant la composition de manière afocale et centrifuge. L'artiste peignait en effet directement sur la toile en rouleau qu'il accrochait au mur, et ne découpait son format définitif qu'au moment où il allait achever son travail. Cela lui permettait de ne pas se limiter à un cadrage préliminaire, élargissant son champ de vision pour pouvoir “montrer ce qu'on voit quand on pénètre soudain dans une pièce d'un seul coup". Sa sensibilité à fleur de peau le plaçait en prise directe avec l'univers et ses moindres variations, l'artiste notant jour après jour dans son agenda les variations du temps :

"Beau, couvert, vent, pluie et soleil", agrémentant ses notations de croquis. Dans son dessin, qui cueille à vif la sensation, la ligne se démultiplie comme pour mieux libérer le motif de toute structure limitative. "Il ne s'agit pas de peindre la vie. Il s'agit de rendre vivant la peinture". Ce précepte poussera Bonnard à exécuter certaines de ses toiles jusqu'à l'hallucination perceptive comme l'illustre à testament pictural du peintre. merveille son dernier tableau "Amandiers en fleurs", véritable

Pierre Bonnard fut également "le peintre des intérieurs", le poète cherchant à suspendre le temps, à décrire l'ineffable poésie de la vie contemplative. Comme l'a écrit Léon Werth dans "Cahiers d'Aujourd'hui”, en 1919: "Bonnard assiste à la naissance du monde, à la naissance soudaine et miraculeuse des objets et des personnages... Il ne repousse pas les suggestions de son esprit et de son cœur. mais d'abord le spectacle, le miraculeux spectacle des êtres et des choses sortant des lymbes. Le monde devant lui passe du néant à la vie".

Bonnard peint l'intimité des choses, révèle la beauté plastique et colorée de notre univers quotidien, poétise la couleur qui présente à ses yeux “le raisonnement" du tableau. Bonnard rêvait d'un art capable de pénétrer tous les secteurs de la vie, l'amenant à exécuter non seulement des tableaux mais également des paravents, des vitraux, des céramiques et même des projets de meubles. Un peu comme chez Gauguin, la peinture a fini par envahir le monde et à stigmatiser tous les domaines de son univers. L'artiste a besoin pour peindre d'une surface fluide, ouverte, disponible, orientale. Car pour l'artiste “le principal sujet, c'est la surface qui a sa couleur, ses lois, par-dessus les objets”.

Bonnard fut enfin un maître de l'autoportrait, tableaux dans lesquels son art atteint peut être son maximum d'intensité. Rares sont les peintres qui se sont observés avec peu de complaisance. Dans les derniers autoportraits, le pinceau procédant habituellement par touche légère devient ici rapide, turbulent, presque violent, se transformant en un véritable scalpel à la précision diabolique, semblant obéir à la célèbre phrase de Delacroix : "On ne peint jamais assez violent".

L'exposition que consacre la Fondation Dina Vierny - Musée Maillol rend hommage à l'un des plus importants peintres de la première moitié du XXe siècle.

T. Demaubus

Découvrez également

Voir tous les produits de la catégorie GRAVURE

Personnalisation

Après avoir enregistré votre personnalisation, n'oubliez pas d'ajouter le produit au panier.

Texte

loader

* champs requis

Oeuvres certifiées & authentifiées

Paiement sécurisé

Carte bancaire et virement

Livraison garantie & assurée