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MIRÓ Joan compositon Sala San Prudencio

COMPOSITION

34.00 x 50.00 cm

76521

A l’occasion d’une exposition à la fondation de Joan MIRO en 1986. Format papier 76x56 cm.

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De Saint-Paul de Vence à Villeneuve d'Ascq: 

Miro ou une liberté jamais dépassée

L'aventure surréaliste fut certainement celle qui, à l'intérieur de notre société, a remis le plus profondément en question le mode de pensée individuel et collectif. Elle a réussi à faire douter des rigueurs de la raison à dissocier la cohérence de l'image, et a contribué à libérer l'imaginaire et les rêves.

Dans un essai brillant "Le surréalisme et la peinture", André Breton écrivait : "l'entrée tumultueuse de Miro marque une date importante dans le développement de l'Art surréaliste... Miro qui laisse derrière lui une oeuvre d'un esprit moins évolué, mais qui témoigne de qualités plastiques de premier ordre, franchit d'un bond les derniers barrages qui pouvaient encore faire obstacle à la totale spontanéité de l'expression. A partir de là, sa production atteste une innocence et une liberté qui n'ont pas été dépassées". Par un jeu métaphorique sur les formes qu'il déforme, par une véritable jonglerie plastique et poétique dont Miro possède la maîtrise, l'artiste fait parler son inconscient. Toujours respectueux des histoires et des critiques, Miro a parlé de sa peinture avec Jacques Dupin, Georges Duthuit, Georges Raillard, J.J. Sweeneg, Dean Swanson, Yvon Taillandier et bien d'autres. Devant sa déconcertante faculté d'invention, faut-il se référer à la fameuse lettre du "voyant" écrite par Rimbaud à dix-sept ans : "je veux être poète et je travaille à me rendre voyant". Il s'agit d'arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens. Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète, et je me suis reconnu poète". Poète des formes et des couleurs, Miro s'est lui aussi reconnu poète grâce à la peinture. Dans son atelier, face à la toile blanche, l'artiste a vécu les aventures les plus inimaginables.

A l'occasion du centenaire de sa naissance, et alors que Barcelone célèbre à la Fondation son anniversaire, Valeurs de l'Art se propose de voyager avec vous, cher lecteur, dans la peinture de Miro dans les musées de France. Un voyage qui nous entraîne jusqu'à Saint-Paul de Vence - où la Fondation Maeght possède de nombreuses sculptures de l'artiste espagnol - en passant par la donation Masurel du musée d'art moderne de Villeneuve d'Ascq, le musée d'art moderne de Paris ou encore le musée Desnager de Saint-Cyprien.

La donation Masurel réunit les oeuvres collectionnées par Jean Dutilleul et son neveu Jean Masurel. La collection Dutilleul, qui a été conservée quasiment en l'état jusqu'à présent, fut la collection d'avant-garde française la plus importante de son temps, par l'ampleur et la qualité des oeuvres qu'elle contient. Dutilleul commence à acheter des oeuvres de Miro en 1941. Il s'agit notamment de tableaux de l'époque surréaliste d'avant 1935. Miro occupait une place singulière dans le groupe surréaliste : avec Masson, il fut l'un des seuls à rejeter la mise en scène du phantasme. La dimension ludique - qui permet à l'image de se produire par elle-même - est à l'oeuvre dans la peinture de Miro. Les formes récurrentes de Miro renvoient à des contraintes inconscientes qui agissent dans le domaine de la perception optique. On a dit que Miro travaillait sur du purement pictural comme Mallarmé jouait parfois sur des phonèmes, sur du purement verbal, comme le musicien qui joue avec les sons. La peinture de Miro produit des signes qui ne possèdent de référents qu'eux-mêmes. L'art de Miro obéit aux lois qui régissent les rêves : la raison y est contredite par la présence du sensible, du tactile et de l'écriture automatique. Ce qui ne signifie pas que Miro peint des rêves : l'artiste n'a jamais travaillé sous l'influence de l'hypnose, de drogues ou de l'alcool. Sa personnalité, son temperament d'artiste, sa manière inédite de représenter sur la toile ce qui lui dicte l'inspiration fera André Berton s'exclamer: "Miro est le plus surréaliste de nous tous”. Dans ses toiles du début des années 1930 la figure - le signe pictural - est soumis à une déformation plastique dictée par le rythme de la composition. Les couleurs sont vives et les tonalités acides d'une élégante sobriété dominent. Miro confronte l'espace réel avec celui de la toile afin de tendre vers la représentation d'un espace intérieur unique et identifiable. Et le miracle dans cette peinture, c'est l'homogénéité, l'équilibre de la composition. Pour Miro un objet est avant tout un être vivant "cette cigarette, cette boite d'allumettes contiennent une vie secrète beaucoup plus intense que certains humains”. Dans une des ses lettres à Yvon Taillandier, Miro écrit : "j'éprouve le besoin d'atteindre le maximum d'intensité avec le minimum de moyens. C'est ce qui m'a amené à donner à ma peinture un caractère de plus en plus dépouillé. Ma tendance au dépouillement, à la simplification, s'est exercée dans trois domaines : le modelé, les couleurs et la figuration des personnages". Dès la fin des années vingt, Miro recherche l'intensité dans sa peinture, celle qui naît de l'emploi des couleurs primaires, des couleurs pures. Dans ses toiles, tout bouge, tout semble en mouvement. Ainsi le tableau datant de 1933 "Sans titre". Ainsi les "Trois personnages sur fond noir" où Miro emploie une technique mixte : celle de la gouache sur papier et du collage. Les formes décrivent un ballet : un graphisme léger circule entre les tâches colorées, accentuant l'effet de flottement des signes. Comme en "a-pesanteur" dans l'espace de la toile, les formes glissent dans un univers mystérieux et semblent comme arrêtées dans leur course par l'artiste. Mystère indicible, art de la métaphore, la peinture de Miro nous invite à nous perdre avec lui dans ses fonds modulés, merveilleux, sans autre frontière que celle imposée par le format. Toutes les techniques qu'a utilisé Miro - de la peinture au collage en passant par la tapisserie, la céramique et la sculpture - ont contribué à étendre le registre de ses moyens d'expression.

Si la céramique donne l'occasion à Miro de mettre la couleur en relief, la sculpture le fait accéder à la pleine maîtrise de la forme et du volume. La fondation Maeght à Saint Paul de Vence présente quelques unes des sculptures les plus intéressantes de Miro. La sculpture témoigne de la passion de l'artiste catalan pour l'assemblage des formes. En effet, les premières sculptures de Miro sont davantage des "sculptures objets" que de véritables sculptures. Omniprésent, l'humour et la dérision circulent dans des oeuvres encore proches de l'esprit surréaliste. Mais ce n'est qu'en 1966 que Miro se consacre véritablement à la sculpture. "C'est la réalité qui m'impressionne et me fournit les idées" disait Miro. Sa sculpture prouve que tout est utilisable dans la réalité pour créer. L'Oiseau lumière" a été sculpté en marbre de Carrare après avoir été d'abord fondu en bronze. Miro compose avec le réel et invente de nouvelles formes qui rappellent ses formes picturales vues en trois dimensions. La morphologie de l'”Oiseau Lumière” semble obéir à une précision horlogère quasi surnaturelle. Comme la femme, les oiseaux ont toujours constitué un des éléments fondamentaux de la thématique mironienne. L'énigmatique "Personnage" sculpté en 1970 par son extrême liberté, son extrême dépouillement atteint l'universalité. Dans l'un de ses essais sur "la nouvelle sculpture", Clément Greenberg écrivait : "en sculpture, on ne pose plus le corps humain comme agent essentiel de l'espace. Le regard seul compte désormais et le regard a plus de liberté de mouvement et d'invention dans un espace tridimensionnel que dans un espace bidimensionnel” ! Et Greenberg de voir en la nouvelle sculpture - celle d'un Brancusi, d'un Giacometti, contemporains de Miro - l'art plastique le plus représentatif du modernisme. Les sculptures de Miro exsudent de l'être profond, de la même source secrète, de son inspiration. L'oeuvre semble garder son secret, inscrit dans la profondeur du marbre. Pendant très longtemps, Miro optera pour ne pas départager signes et personnages. Après tout, l'ambiguité ne règne-t-elle pas dans la nature ? Tout n'est-il pas mouvant ? Etres hybrides, formes imaginaires, profils inquiétants ou gouailleurs, ces êtres sculptures ont le pouvoir insolite des représentations primitives. Dans ces sculptures s'affirme chez l'artiste le besoin de laisser aux signes leur autonomie, leur innocence, leur liberté.

Tel le jardinier attentif sachant faire bénéficier à la graine de la meilleure orientation, Miro retrouve dans le symbolique de la matière, le dépaysement nécessaire pour renouveler notre regard, pour annoncer une nouvelle culture, un autre monde.

Thierry Demaubus

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